Medip@ss Connexion

Les Echos : Un chatbot pour repérer les troubles de l'autisme

Type d'actualités Actualités Date Le 05/06/2018

Trois crèches de la Croix Rouge en Ile-de-France vont tester un chatbot mis au point par l'entreprise BotDesign et la structure publique hospitalière MiPih. Le logiciel aura pour but d'aider les professionnels à repérer des troubles du spectre de l'autisme chez les enfants.


« Pour le moment, il n'existe pas de marqueur biologique fiable de l'autisme , on est obligé de s'appuyer sur des comportements », explique aux « Echos » la psychologue Bernadette Rogé. Elle a participé aux questions que pose un nouveau chatbot, dédié au repérage des troubles du spectre de l'autisme.

Ce robot conversationnel à destination des professionnels de l'enfance (et non aux enfants eux-mêmes) a été conçu par l'entreprise BotDesign, avec la MiPih (Midi Picardie Informatique Hospitalière), structure publique inter-hospitalière. Il sera testé dans trois crèches de la Croix-Rouge en Île-de-France à partir de janvier 2019, ont annoncé les partenaires ce jeudi 31 mai lors du salon Paris Healthcare Week qui se tient porte de Versailles.

Le chatbot ne fait pas de diagnostic.
Le but du chatbot est d'assister les personnels de ces établissements qui se posent des questions sur les comportements de certains enfants. « Les professionnels repèrent des difficultés très rapidement, mais ils n'ont pas d'outil pour y faire face », explique Céline Poulet, déléguée nationale à la Croix-Rouge française.

Orienter et conseiller
La machine pose des questions du type : « Est-ce que l'enfant vous regarde quand vous lui parlez ? Est-ce qu'il regarde ce qu'on lui montre ? Est-ce qu'il répond à son prénom ? » L'algorithme souligne ensuite les comportements susceptibles de relever des troubles de l'autisme, et peut ensuite donner des conseils ou orienter vers un pédopsychiatre.

« Il repère avant 18 mois d'éventuels retards de développement et à partir de 18 mois des signaux d'alerte », indique Bernadette Rogé. « Mais, dans l'autisme, il y a aussi une dimension qualitative dans les interactions sociales et ça, une machine ne peut pas l'évaluer. »

Pour Guillaume Dumas, chercheur en génétique et fonctions cognitives à l'Institut Pasteur, qui n'a pas participé au projet, un outil de ce type peut avoir une utilité de sensibilisation, d'autant que « la France reste un pays où le diagnostic est posé tard ». Il souligne néanmoins que l'autisme représente un spectre et qu'il vaudrait mieux éviter les réponses binaires.

Les partenaires du projet espèrent quant à eux qu'une détection précoce de troubles de l'autisme permettra une prise en charge rapide des enfants. Si les essais sont concluants, ce chatbot pourrait être étendu dans toutes les crèches de la Croix-Rouge (57 au total).

Article Les Echos

© Copyright-2015 Mipih - Crédits Opus Conseil